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Faire de la chambre de commerce, d'industrie et de services de Fès-Boulemane un acteur incontournable de l'activité économique de la région et rehausser son image de marque, telles sont les ambitions affichées par le nouveau bureau.
Le plan d'action 2009-2012, présenté en détail par le président Fouad Zine Filali lors de la première assemblée générale ordinaire, s'articule autour de plusieurs actions. Les plus ambitieux concernent le projet de création d'un espace d'exposition international à Fès, la création d'un institut supérieur de gestion des affaires et la mise à niveau des zones industrielles. «La création d'un espace d'expositions aux normes internationales figure parmi nos priorités. Il devrait abriter un espace d'exposition consacré aux entreprises, aux artisans et aux commerçants, un espace dédié aux affaires et équipé de bureaux avec accueil, une salle de conférences et une pépinière d'entreprises.
Le projet de l'institut s'inscrit de son côté dans le cadre de la participation de la chambre, comme c'est le cas sous d'autres cieux, au domaine de la formation destinée au monde des affaires», explique le président de la chambre. La mise à niveau des zones industrielles figure aussi en bonne place. Les responsables de la chambre ambitionnent de participer au renouvellement des infrastructures de base, tels les routes, l'éclairage au niveau des zones industrielles, la création des amicales des industriels pour la gestion de ces zones et la mise en place de nouvelles zones dédiées au secteur de l'automobile, de l'agroalimentaire et de l'industrie du cuir. Les membres de la chambre tablent aussi sur le programme Rawaj 2020. Lancé en 2007 par le ministère du Commerce et de l'Industrie, ce programme sous-tend au développement du commerce de proximité la réorganisation de ses structures et la modernisation de ses modes de gestion.
Il vise à améliorer la compétitivité du commerce de proximité à travers l'adoption d'un système de labellisation des commerces permettant d'attester de la qualité des services, des produits offerts au sein du point de vente. De même, le programme propose pour le commerce de proximité une spécialisation du petit commerce et son regroupement en réseaux commerciaux, et ce, en vue d'augmenter sa rentabilité économique et financière. En termes de chiffres, ce programme vise à porter la contribution du commerce interne au PIB de 11,5 à 17% à l'horizon 2020. Il s'agit, selon Fouad Zine Filali, d'inciter les commerçants de Fès à adhérer à ce programme et de bénéficier du fonds de développement du commerce notamment pour l'organisation des espaces commerciaux, la modernisation des espaces publics et l'aménagement des sites pour la sédentarisation des commerçants ambulants, ainsi que pour la création d'une centrale d'achat commune.
Pour le repositionnement de la chambre, le plan d'action prévoit entre autres la constitution d'une banque de données, l'actualisation de la monographie de la région de Fès-Boulemane, le lancement des études sur les secteurs industriel, de commerce et des services. Il est question aussi de la création d'une cartographie économique, des centres de comptabilité agréés, la signature de conventions de partenariats avec d'autres intervenants dans les secteurs de l'industrie et du commerce, tels la CGEM, l'Amith, le CRI et l'ANPME et le renforcement des relations avec les chambres étrangères, que ce soit au Maroc ou à l'étranger. Côté communication, le nouveau bureau de la chambre prévoit la mise en place de différents supports de communication : revues, guide, CD, plaquettes… « Nous prévoyons aussi dans le cadre du plan d'action l'organisation des journées d'études sur différents thèmes intéressant de près ou de loin nos membres, ainsi que l'animation des journées commerciales à travers l'organisation des foires et des semaines de promotion », précise le président de la chambre.
Pour rehausser le niveau des services de la chambre, il est prévu, entre autres, le renforcement du travail des différentes commissions sectorielles, la recherche des moyens financiers et le redéploiement des ressources humaines de la chambre de manière plus efficace. Avec ses différents axes de travail, le nouveau bureau, à sa tête l'industriel Fouad Zine Filali, veut surtout donner du poids à la Chambre de commerce, d'industrie et de services de Fès-Boulemane.
Il risque cependant de buter sur le manque de moyens financiers de la chambre pour réaliser les différents objectifs inscrits dans le plan d'action 2009-2012. Les deux tiers du budget alloué par l'Etat à la chambre étant absorbés par la masse salariale alors que le reste est consacré entre autres à l'entretien des bâtiments, aux frais de fonctionnement et à l'investissement. La recherche d'autres sources de financement, inscrite dans le plan d'action, demeure aussi limitée par la loi. Le second challenge pour le nouveau bureau est de mettre de côté les calculs politiciens pour pouvoir fédérer, faire travailler les entreprises locales ensemble et participer à l'amélioration de la compétitivité du tissu économique local et régional. ----------------------------------------------------------------------
Questions à:fouad zine filalil•Président de la CCIS de Fès-Boulemane
«Nous sommes appelés à mettre davantage en avant les potentialités de la région» • Peut-on savoir quelles sont vos priorités en tant que président de la CCIS de Fès-Boulemane ?
Dans le cadre du plan d'action 2009-2012 de la CCIS de Fès-Boulemane, nous avons tracé une stratégie de travail et nous avons défini les objectifs à atteindre. Attirer un nombre élevé d'investisseurs étrangers ou nationaux au niveau de la région Fès-Boulemane figure parmi nos plus importantes priorités. Pour cela, nous sommes appelés à mettre davantage en avant les potentialités de la région, à améliorer l'environnement économique et la mise à niveau des zones industrielles. Nous comptons aussi accompagner la dynamique que connaît le secteur des services, notamment l'immobilier, les assurances, la location des voitures. Nous tablons dans le cadre du plan d'action sur le programme Rawaj sur la modernisation du commerce interne et de proximité. La réalisation du projet du salon de la région Fès-Boulemane demeure également un défi pour nous. Ce projet donnerait incontestablement un nouveau souffle à l'économie régionale et peut attirer un nombre important de visiteurs.
• La loi régissant les chambres cantonne les chambres dans un rôle consultatif et réduit leurs prérogatives. Comment ces institutions et représentations commerciales peuvent-elles jouer pleinement leur rôle d'animateur économique tout en étant limitées par la force de la loi ?
Les chambres de commerce, d'industrie et de services demeurent un acteur économique incontournable. Elles ont participé au fil des années au lancement de plusieurs projets au service de l'entreprise marocaine. Elle a entre autres participé à la création et à l'équipement des zones industrielles, des centres de comptabilité agréés, des centres de formation des commerçants. Elles ont aussi abrité des guichets de création d'entreprises et de logement social dans le cadre du programme Fogarim. Mais malgré ces différentes réalisations, les chambres rencontrent plusieurs problèmes qui handicapent leur développement et limitent leur champ d'action. Partant de là, il est important aujourd'hui de travailler pour moderniser ses structures, élargir ses prérogatives et renforcer ses missions et actions. Il est question aussi de participer à la gestion des établissements de commerce et d'industrie relevant de son territoire. Et de fait, il faut revoir la loi régissant les chambres. Un projet dans ce sens devrait être discuté d'ailleurs au parlement.
• Comment sont vos relations avec les autres institutions politiques et économiques au niveau de la région ?
Le développement économique local et régional fait partie des missions de la Chambre de commerce, d'industrie et de services. Nous tablons de fait sur des partenariats avec les différents acteurs politiques et économiques de la région pour mener à bien cette mission surtout que nous disposons de moyens financiers limités pour investir et réaliser différents projets.
Par Rachida Bami
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